En(vie)

Ce sentiment qui m’était devenu quasi inconnu jusqu’alors vient désormais régulièrement m’infliger des petites morsures désagréables dans la poitrine.

Ça a commencé avec le début de la pandémie et le premier confinement qui ont été une épreuve pour moi en touchant simultanément :

  • Toutes les sources de revenu de ma petite famille
  • La santé de mes proches (et la mienne)
  • L’équilibre de mon fils

Je n’étais plus vraiment moi même les deux premières semaines de confinement tant j’étais épuisée par les nuits hachées (6 à 8 réveils par nuit), la maladie, l’inquiétude pour mon compagnon archi malade…

…et ça m’a rendue complètement aigrie.

Je me suis mis à haïr littéralement tous ceux que je voyais sur instagram se plaindre de l’ennui comme des ados en vacances avec leurs parents. Je criais intérieurement en regardant leurs stories “mais allo les mecs vous vous rendez compte de ce qu’on est tous en train de vivre ??”

J’ai unfollow tous ceux qui vivaient à la campagne et nous abreuvaient chaque jours de vidéos de leurs enfants joyeux qui couraient dans l’herbe pendant qu’on était enfermés à 4 avec mon fils de 8 mois dans nos 35m2 à écouter mon mec s’arracher les poumons.

L’envie s’est littéralement emparée de moi à mesure que je voyais se balader sous mon nez ce que les autres étaient en mesure d’offrir à leurs enfants comme conditions de vie alors que j’en étais incapable.

Et l’impression que j’avais de priver mon fils d’une certaine forme de joie a installé durablement l’envie dans mon coeur.

Une vie sans envie ?

Ce sentiment m’avait quitté depuis tant d’années que j’étais prête à vous écrire que je n’avais jamais envié personne.

Mais c’est faux bien sûr.

Enfant j’ai envié les autres :

  • Les enfants qui avaient un goûter kinder bueno quand j’avais une banane
  • La première de la classe qui comprenait toujours tout alors que la maîtresse jetait mon cahier par terre pour m’humilier
  • Ceux qui avaient une foule d’amis pendant que je luttais pour qu’on me jette pas dans la poubelle dans la cour de récré
  • Ceux que les parents emmenaient en voyage pendant que mes parents se détestaient façon guerre des roses.

Ado j’ai envié les autres :

  • Ceux qui avaient un jean Chevignon, des Doc Marteens et un blouson Schott alors que j’étais en total look Kiabi
  • Les filles qui avaient de la poitrine et des beaux cheveux alors que mes copines m’appelaient “plate forme”

Oui bien sûr que je connaissais déjà le goût amer de l’envie mais quand j’étais plus jeune il était assorti d’un sentiment d’impuissance qui m’a rendue féroce : j’ai eu envie de ces choses là et elles ont été un moteur pour moi.

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