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La bonne et la mauvaise nouvelle

Je suis là, dans la salle d'attente des urgences de l'hôpital où je suis suivie pour mon cancer du sein, je regarde la rangée de sièges bleus et jaunes vides devant moi, je suis un peu hébétée, fiévreuse.

Je pense à ma vie, j'ai l'impression que tout allait mieux, que je sortais la tête de l'eau, que j'étais motivée, en parcours de diagnostic pour mes problème liés à mon TDAH, j'étais pleine de nouveaux projets, amoureuse.

Et paf je suis tombée dans un trou, aspirée par une longue descente et je me retrouve dans un monde dont je ne voulais rien savoir, où je croise des personnes que je ne voulais pas croiser et que telle Alice qui avance coûte que coûte pour retrouver le chemin de sa maison après avoir beaucoup pleuré, j'espère me réveiller de ce cauchemar.

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La guerre

"Tu vas pas te laisser faire je te connais tu es une battante" "Tu vas te battre" "Tu as un mental d'acier je me fais pas de soucis pour toi"...

Depuis que j'ai annoncé être atteinte d'un cancer du sein les messages de soutien pleuvent et j'en suis infiniment reconnaissante, car ça me fait chaud au coeur.

Mais je ne me reconnais pas du tout dans le vocabulaire qu'on emploie.

Mesdames et messieurs amateur·ices de vocabulaire guerrier sachez le : la maladie c'est mon tendon d'Achille.

Et je ne me sens nullement cette guerrière prête à s'arracher le sein au cutter telle une amazone des temps moderne pour aller livrer bataille sur son cheval.

Non, moi je me sens en proie à un ennemi invisible et silencieux, une vague boule molle que j'ai sentie un jour sous mon sein et pour laquelle je ne me suis pas sentie malade si ce n'est d'inquiétude.

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La boule au corps

J'ai peur.

Ma boule au sein est devenu une énorme boule au ventre et elle occupe toute la place dans ma tête.

J'envoie des messages à ma soeur et les quelques amis à qui j'avais parlé de l'examen, je reçois des mots rassurants, des blagues, on programme d'aller boire un verre le soir.

Certains me disent qu'ils ne savent pas quoi dire et je leur réponds que c'est pas grave, que moi non plus je sais jamais quoi dire quand quelqu'un va très mal, que tout sonne creux parce qu'au fond y a pas grand chose à dire : y a juste à être là.

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