Le trottoir d’en face

J'ai l'impression depuis 2 ans de ne plus découvrir les choses qu'à travers les choix de cadrage de la vie des autres sur Instagram et j'ai le sentiment de manquer de perspectives.

Je tiens parce que j'ai toujours l'impression que "après ça c'est bon" (après le confinement, après le couvre feu, après la 4e vague, après les fêtes, après la rentrée, après la semaine de maladie de mon fils, après la 5e vague....).

Mais non Anne ma soeur Anne ne voit toujours rien venir.

Parfois je me dis que je pourrais faire un effort, voir le verre à moitié plein, changer de trottoir pour voir la vie plus jolie...

Je ne sais pas bien quand je vais enfin taper du pied pour de bon au fond de la piscine pour m'extirper de la lourdeur de quotidien dans laquelle je me sens plongée depuis 2 ans et en ressortir telle Ariel qui secoue sa crinière et dire "Enfin !".

Tout est encore annulé et reporté à bientôt, j'ai froid aux pieds et la neige elle est trop molle pour moi.

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Surfer sur la vague

La peur de regretter ma vie "d'avant" est, je crois, ce qui a le plus repoussé mon projet de maternité.

Je savais qu'avec un enfant la vie changeait à un point qu'on ne pouvait imaginer avant d'y être pour de bon, et ce grand saut dans une toute nouvelle vie semée d'embûches m'effrayait au plus haut point.

Pour moi c'était un peu le voyage d'une vie, qu'on fait sur un des rares chemins où il n'y a aucun demi tour possible et dans lequel on embarque quelqu'un qui n'a rien demandé à personne sur le siège passager.

Alors j'ai pensé et pesé les choses pendant un moment : et si tu n'aimais pas ton enfant ? Et si tu regrettais ta vie d'avant ? Et si le poids des responsabilités t'écrasait ? Est-ce que tu es prête à avoir un enfant dans la société dans laquelle on vit ? Comment tu vivras le sexisme à travers ce nouveau prisme ?

J'avais peur que ma vie change au point de regretter l'existence que je menais auparavant et de voulo… Lire la suite...

La vie qui ralentit

Enfant je bégayais parce que j'avais trop de choses à dire. Je débitais mes paroles à la vitesse de l'éclair jusqu'à ce que je bute sur un mot parce que j'en avais beaucoup trop dit en très peu de temps.

Jusqu'à 15 ans j'ai couru ou sautillé au lieu de marcher pour aller plus vite.

Je pense à tout en prévision, des semaines, voire des mois à l'avance.

Alors, moi qui ai longtemps trouvé que rien n'allait jamais assez vite j'ai appris ces 30 derniers mois à ralentir et à vivre dans l'instant présent avec beaucoup de difficulté.

Mais aujourd'hui, l'apaisement est bien réel.

Ça a commencé juste après la naissance de mon fils : la vie parisienne que j'avais toujours tant aimé est subitement devenu une agression quotidienne.

C'était très déroutant de me sentir comme un lapin au milieu de la forêt quand je traversais le carrefour près de chez moi en pleine journée.

Le ballet des voitures et des piétons me filait le tournis et les coups kla… Lire la suite...

L’homme caché dans les toilettes

Je ne suis pas quelqu'un de très aventureux : je suis prudente et mesurée et je me prépare avec application en toute circonstance.

Je suis vraiment mais alors vraiment pas du genre à prendre un billet de train sur un coup de tête pour partir comme ça au débotté chez des inconnus.

Et pourtant quand j'étais dans ma trentième année j'ai vécu un moment particulier qui m'a beaucoup marquée parce que j'ai décidé du jour au lendemain de partir pour Lyon pour 4 jours chez deux hommes que je n'avais jamais rencontrés auparavant.

On le sait pourtant nous les femmes qu'il ne faut jamais au grand jamais partir comme ça chez des mecs qu'on ne connaît pas.

Ma tête aurait dû me crier DANGER.

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Le cadeau

Je ne sais pas ce que vous attendiez de vos cadeaux quand vous étiez petites ?

Qu'on suive votre liste à la lettre ? Qu'on vous surprenne ? Qu'on vous offre quelque chose de précis ou qu'on vous fasse faire une découverte ?

En regardant mon fils cette année et en me demandant ce qui lui ferait plaisir alors qu'il n'attendait rien de spécial, je réalise qu'à l'âge adulte les cadeaux ont pris une toute autre dimension pour moi.

Du premier souhait que j'ai exprimé à mes parents d'avoir le petit train magique de Vully quand j'étais en âge de comprendre ce qui allait se passer à noël à mes 40 ans j'ai fait un sacré chemin dans ma conception de ce qu'est un cadeau.

Sur ce chemin j'ai rencontré 5 cadeaux marquants : celui qui est resté gravé, celui qui était merdique, celui qui m'a fait pleurer, celui qui a fait mouche, et celui qui m'a émerveillée.

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Une vie qui tient dans des cartons

Je me souviens de cette petite pièce pleine de cartons que je n'ai pas osé approcher pendant de nombreux mois.

Il y avait pourtant de nombreuses petites choses de la vie courante dont j'avais besoin dans ces cartons mais j'avais tellement peur de les ouvrir que je me suis racheté économe, ciseaux, ampoules diverses et stylos bille alors que je savais qu'il y en avait déjà sous mon toit...

 ...dans ces fichus cartons.

Non pas que j'avais croisé le spectre d'une araignée géante dans cette pièce (ce qui aurait totalement justifié que je la laisse fermée à double tours À TOUT JAMAIS)...

Non ! C'était un autre monstre invisible qui m'effrayait...

...le chagrin.

Dans ces cartons il n'y avait pas que mes affaires...

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Derrière la porte

Vous avez remarqué comme on se met à regretter les choses avec intensité quand on les a perdues alors qu'on les remarquait à peine quand on les avait devant soi ?

La première année avec mon fils j'ai perdu une partie de ma vie secrète : ces petits moments en apparence anodins qu'on ne vit qu'avec soi même que je n'appréciais clairement pas à leur juste valeur auparavant.

Ils ne sont pas très nombreux ces moments du quotidien qu'on ne partage jamais avec les autres, je les compte même sur les doigts de la main.

Et Ô poésie du jour bonjour, s'il y a bien un moment du quotidien de solitude dont est les seuls à avoir le secret c'est bien le ptit coin.

Oui oui vous ne rêvez pas je suis bien en train de vous parler de ça.

Attendez je vous jure que c'est intéressant.

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Menteuse

Ma mère avait bien tenté de me dissuader de mentir en me racontant l'histoire de Pinocchio mais tout ce qu'elle a obtenu c'est que je lui racontais des cracs en me cachant le nez...

Pas encore assez douée pour couvrir mes traces que j'étais.

En grandissant je suis devenue bien meilleure en mensonge.

Et qu'est ce que j'ai menti pfiouuu.

Ça m'a parfois mis dans l'embarras comme je vous racontais là (deux mensonges tellement inutiles en plus) mais je dois dire que ça m'a beaucoup amusée avant que ça me passe à moitié.

Pour intégrer le mensonge à l'âge adulte comme un outil complètement social qui me sort régulièrement de bien des tracas, sans aucune honte, AUCUNE !

Voilà tous mes meilleurs mensonges...

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La grande bibliothèque

Vous vous souvenez de la scène dans la Belle et la Bête de Disney où Belle découvre l'immense bibliothèque du château ?

La première fois que je l'ai vue, j'ai ressenti une grosse angoisse.

Et genre une angoisse qui m'a jamais quittée !

Jusque là les possibilités de Belle étaient réduites à la bibliothèque du village qui n'était pas super fournie et dont elle avait fait le tour en deux temps trois mouvements.

Et là son horizon s'élargit quand elle découvre cette bibliothèque de 1000m2 sur 60 étagères.

Et elle trouve ça merveilleux.

Moi en voyant ça j'ai ressenti un vertige instantané.

J'ai réalisé à ce moment précis (je devais avoir 11 ans je crois) que ma vie ne serait pas suffisamment longue pour que je puisse lire tous les livres qui existent dans ce monde.

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La bête…

J'ai une vraie passion pour l'automatisation depuis de nombreuses années : je trouve ça génial de voir certaines tâches hyper rébarbatives se faire sans mon aide après y avoir investi un peu de temps de configuration.

Et puis c'est bête mais je trouve ça presque magique quand à la maison je dis "Lumos" et que toutes les lumières chez moi s'allument (bon en vrai c'est "ok google lumos", moins magique j'avoue).

Mais ça a clairement ses limites et ses dangers.

Aussi, après avoir trouvé ça longtemps magique je suis passée de l'autre côté du miroir dans une phase où ça me fait carrément peur.

Ma passion a muté.

C'est devenu une bête à deux visage qui tantôt me ravit, tantôt m'effraie.

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