Les médailles

Je n'ai jamais autant détesté être une femme qu'en devenant mère.

Enfin non pas exactement, ça a commencé dès la grossesse mais on va pas chipoter.

Je ne sais pas si j'ai vécu dans ma bulle pendant toutes ces années mais avant de tomber enceinte le sexisme ne m'avait pas beaucoup affectée.

Enfin non pas exactement : j'ai souvent eu peur en rentrant le soir tard dans la rue, mes arguments ont déjà été décrédibilisé par un adversaire masculin au seul prétexte que j'étais une femme et on a déjà essayé d'abuser de moi quand j'avais un peu trop bu.

La base quoi.

Mais pour le reste, je crois que de vivre dans un petit quartier tranquille, d'évoluer dans un milieu socio culturel très éveillé aux questions du sexisme et de travailler à mon compte (exit les collègues relous) m'ont isolée d'une grosse partie du problème.

Je ne m'attendais pas à voir arriver ce raz de marée d'injonctions et d'inégalités en devenant … Lire la suite...

Ignorer ce qui (me) dépasse

Le cadre qui me tranquillisait et permettait à mon esprit de ne pas trop déborder vole régulièrement en éclat depuis que je suis devenue parent.

Et j'essaie de composer avec mon besoin vital d'avoir des règles à la Monica Geller et la nécessité de m'en affranchir pour ne pas empêcher mon fils de dormir sous prétexte qu'il oublié de reboucher ses feutres.

Voilà comment j'ai trouvé un juste milieu entre un intérieur rempli de jouets en plastiques aux couleurs criardes qui clignotent, font pouêt, tut, waf waf et un intérieur assorti peuplé de jouets en bois pastels où la moindre peluche jaune n'a pas droit de cité

Comment j'ai survécu à la diversification (et la DME) et aux murs mouchetés de bouffe alors que j'étais maniaque as fuck.

Comment j'ai, je l'espère réussi à donner à mon fils de l'autonomie en faisant fi du besoin de contrôle que j'avais sur à peu près tout.

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Surfer sur la vague

La peur de regretter ma vie "d'avant" est, je crois, ce qui a le plus repoussé mon projet de maternité.

Je savais qu'avec un enfant la vie changeait à un point qu'on ne pouvait imaginer avant d'y être pour de bon, et ce grand saut dans une toute nouvelle vie semée d'embûches m'effrayait au plus haut point.

Pour moi c'était un peu le voyage d'une vie, qu'on fait sur un des rares chemins où il n'y a aucun demi tour possible et dans lequel on embarque quelqu'un qui n'a rien demandé à personne sur le siège passager.

Alors j'ai pensé et pesé les choses pendant un moment : et si tu n'aimais pas ton enfant ? Et si tu regrettais ta vie d'avant ? Et si le poids des responsabilités t'écrasait ? Est-ce que tu es prête à avoir un enfant dans la société dans laquelle on vit ? Comment tu vivras le sexisme à travers ce nouveau prisme ?

J'avais peur que ma vie change au point de regretter l'existence que je menais auparavant et de voulo… Lire la suite...

La vie qui ralentit

Enfant je bégayais parce que j'avais trop de choses à dire. Je débitais mes paroles à la vitesse de l'éclair jusqu'à ce que je bute sur un mot parce que j'en avais beaucoup trop dit en très peu de temps.

Jusqu'à 15 ans j'ai couru ou sautillé au lieu de marcher pour aller plus vite.

Je pense à tout en prévision, des semaines, voire des mois à l'avance.

Alors, moi qui ai longtemps trouvé que rien n'allait jamais assez vite j'ai appris ces 30 derniers mois à ralentir et à vivre dans l'instant présent avec beaucoup de difficulté.

Mais aujourd'hui, l'apaisement est bien réel.

Ça a commencé juste après la naissance de mon fils : la vie parisienne que j'avais toujours tant aimé est subitement devenu une agression quotidienne.

C'était très déroutant de me sentir comme un lapin au milieu de la forêt quand je traversais le carrefour près de chez moi en pleine journée.

Le ballet des voitures et des piétons me filait le tournis et les coups kla… Lire la suite...

Derrière la porte

Vous avez remarqué comme on se met à regretter les choses avec intensité quand on les a perdues alors qu'on les remarquait à peine quand on les avait devant soi ?

La première année avec mon fils j'ai perdu une partie de ma vie secrète : ces petits moments en apparence anodins qu'on ne vit qu'avec soi même que je n'appréciais clairement pas à leur juste valeur auparavant.

Ils ne sont pas très nombreux ces moments du quotidien qu'on ne partage jamais avec les autres, je les compte même sur les doigts de la main.

Et Ô poésie du jour bonjour, s'il y a bien un moment du quotidien de solitude dont est les seuls à avoir le secret c'est bien le ptit coin.

Oui oui vous ne rêvez pas je suis bien en train de vous parler de ça.

Attendez je vous jure que c'est intéressant.

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3 jours de douleur

Il y a 3 ans j'ai vécu 3 jours de douleur intense qui m'ont beaucoup marquée (pas 3 ans jour pour jour, j'ai décidé d'arrêter de repenser à cet événement à sa date anniversaire).

Parce que la surprise de cet événement a été brutale.

Parce que c'était la première fois de ma vie que je ressentais une tristesse aussi profonde.

Parce qu'étrangement, j'ai ressenti beaucoup de sérénité et de calme pendant ces 3 jours.

Parce que j'ai découvert qu'une mauvaise nouvelle n'était pas infirmée par la bonne comme une simple addition d'un + et d'un -.

Parce que la suite des événement a dépouillé cette peine immense de sa légitimité alors qu'elle avait laissé en moi une empreinte indélébile...

... Et que ça m'a fait beaucoup culpabiliser.

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La fabrique des souvenirs

"It's a poor sort of memory that only works backward" said the Queen of Hearts

Quand j'étais petite ma mère avait rempli un petit album bébé avec toutes mes premières fois, mes premiers mots, les petites choses que je faisais, quelques photos.

J'adoooorais lire cet album avec elle j'avais l'impression que c'était une sorte de livre sur ma vie.

Depuis que mon fils est né je me fais un devoir de documenter tout ce qu'il fait. Pour lui, pour moi, pour la famille.

J'ai d'abord décidé de ne pas faire de photos trop "léchées" comme j'avais l'habitude de faire depuis 10 ans.

D'abord parce que, j'ai bien essayé, mais c'était épuisant de le faire poser bébé et en plus ça lui plaisait pas du tout. Plus le temps qu'il fallait pour se mettre devant un joli cadre ou un fond neutre dans mon mini app… Lire la suite...

La vie sans écrans

Enfin que dis-je "sans" est-ce réellement possible aujourd'hui ?

La vie avec "moins" d'écrans plutôt.

Dans le tsunami qui nous a déferlé dessus et a complètement changé nos vies quand on est devenus parents avec mon mec il y a eu dès la première vague la questions des écrans.

En particulier nos téléphones et le grand écran du salon sur lequel on était toujours en train de tourner une émission en replay, un film, une série ou un documentaire.

Je savais que ce serait difficile.

Et ça l'a été.

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Profite

Comme pour un peu tout avec mon fils j'essaie de faire en permanence contre mauvaise fortune bon coeur : dès que quelque chose me semble difficile j'active une sorte de mode dans mon cerveau pour apprécier absolument tout ce qu'il y a à apprécier et faire taire la complainte de parent fatigué dans ma tête.

Je ne sais plus bien où j'avais lu ce conseil quand mon fils avait 6 mois mais ça a tout changé pour moi qui ai toujours été une fieffée râleuse jamais contente de rien dans la vie.

Ce conseil concernait le sommeil (et dieu sait si on en a chié avec mon fils qui se réveillait encore 4 à 5 fois par nuits à 9 mois) et en l'appliquant pour le sommeil je l'ai appliqué partout ensuite.

C'était une phrase toute bête mais qui disait : "quand vous bercez votre enfant la nuit et que vous êtes épuisés, pensez qu'un jour ce petit moment de câlin vous manquera et profitez en".

Un cons… Lire la suite...

Recouvrir le monde de mousse

Il y a un an quand mon fils a commencé à explorer à se mettre debout et à se casser copieusement la gueule j'ai investi dans l'équivalent d'un PEL en mousse à coller sur les meubles.

J'ai alors commencé à coller des kilomètres de bande molletonnée tout autour de son espace de jeu, sur les pieds des chaises, des tables...

Et je me suis soudain arrêtée avec une sorte de vertige quand j'ai compris que j'allais pas pouvoir recouvrir le monde de mousse...

C'était pourtant évident qu'il allait partir explorer et se cogner contre la vie mais c'est au moment précis où j'étais en train de coller cette bande de mousse sur le 6e pied de ma chaise à roulettes que j'ai été frappée par cette évidence.

Il allait falloir que je lui laisse de la liberté...

Mais après les scandales d'enlèvements d'enfants de ces 30 dernières années et la trouille 4000 que tu te paie en suant des fesses qu… Lire la suite...