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Lettre à l’ado que j’étais

Je te vois en pleurs sur ton lit, ce lit calé dans un coin de la pièce pour te bâtir ce semblant de forteresse dont tu as tant besoin pour dormir la nuit sans te réveiller en sueur alors que tu as déjà 14 ans.

Au dessus de ce lit il y a les posters que ton père et propriétaire d'un vidéo club t'a donnés : Titanic parce que tu l'as vu 3 fois en 3 jours, et Pulp Fiction parce que c'était cool d'aimer Pulp Fiction et que tu n'aspires qu'à une chose : être une fille cool.

Les murs de la chambre sont jaunes : des rayures jaunes et grises sur la partie basse, une frise en bois essence chêne puis jaune jusqu'au plafond.

Un petit morceau du papier peint manque, parce que, toi qui fais si attention à ton mur tu viens d'arracher une page de magazine que tu avais collée là.

On y voyait 4 mannequins hilares, en petite culotte et en T-shit qui sautent sur un lit en lançant des oreillers, sur leurs T-shirt on pouvait lire "A part ce T-shirt j'ai rien à me mettre".

Et ce jour là tu en as eu marre

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Nos jolies choses

J'ai encore passé un week end dans un type de lieu que j'aime par dessus tout : une vieille maison, qui plus est une vieille maison restée dans son jus depuis des décennies avec ses vieux meubles, objets et décoration.

J'adore me saisir de vieux objets ou contempler des tableaux que je qualifierai de vieilles croûtes parce que je les trouves attendrissants.

Tous ces objets qui ont été neufs un jour et que quelqu'un a choisi avec soin et en se disant avoir acheté la plus belle chose du monde en faisant son aquisition.

Comme quand moi je m'achète un joli truc dans une brocante ou que j'ai une nouvelle paire de chaussures et que j'ai l'impression que ça va changer ma vie (bon j'exagère je ressentais ça quand j'étais ado).

J'étais tellement comme ça avec les choses neuves quand j'étais plus jeune...

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Je ne suis pas celle que vous croyez

Le week end dernier le vernis a craqué, et même si c'était moi qui en avait décidé ainsi je me suis demandé si j'avais bien fait...

Vous n'avez jamais eu envie d'être quelqu'un d'autre ? Ou si ce n'est être quelqu'un d'autre que les gens en ignorent suffisamment sur vous pour vous voir différemment ?

C'est ce que j'ai fait ces 3 dernières années dans la petite communauté du GN (jeu de rôle grandeur nature) dans laquelle j'évolue et c'était rafraîchissant.

Je m'explique...

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Vivre de sa passion

Tous les ans à la rentrée je me pose plein de questions sur mon travail.

C'est marrant d'ailleurs de suivre toujours religieusement cet agenda chaque année en septembre.

Je prends pas vraiment plus de vacances en août qu'à noël mais le fait d'avoir été sur le point de démarrer une nouvelle année scolaire pendant 15 ans de ma vie a laissé ce genre de trace indélébile chaque neuvième mois de l'année.

Souvenir de l'odeur des fournitures neuves, de la sacrosainte liste à base de cahiers 96 pages grand carreaux avec protèges cahiers aux couleurs de l'arc en ciel, de disputes chez Auchan avec ma mère pour avoir un stylo plume Chipie ou le dernier sac à la mode alors que mon précédent est encore utilisable.

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Viser la lune ?

Ça m'a demandé un travail acharné à l'âge adulte d'aller au bout des choses, parce qu'aller au bout des choses c'est se confronter à l'avis des autres et c'est dur, tant qu'un projet n'est pas terminé c'est encore potentiellement une réussite, un chef d'oeuvre.

J'ai appris à sortir des projets perfectibles, au lieu de garder dans leur boîte mes créations jusqu'à ce qu'elles soient parfaites (ce qui n'arrive en réalité JAMAIS).

Je vois des amis autour de moi qui se noient dans leur perfectionnisme, et qui n'accouchent jamais de rien, repoussent sans arrêt l'échéance et vivant dans la frustration perpétuelle.

Quand on creuse il y a toujours un parent ou une figure importante pour eux qui les a trop critiqués.

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Merci c’est gentil

J'ai beaucoup de mal à accepter les compliments.

Quand on m'en fait un je freeze, je regarde mes pieds et je bredouille un vague merci embarrassé avant d'enchainer très vite sur quelque chose d'autre.

C'est ultra gênant.

Ce qui est pourtant un grand progrès puisqu'avant j'étais tellement embarrassée que je rétorquais une blague ou une pique à mon interlocuteur médusé de recevoir ce type de réponse après m'avoir dit quelque chose de gentil.

Parce que je me sens soudain très vulnérable qu'on me voit ainsi déstabilisée par un petit mot gentil, et pendant longtemps c'est comme si j'avais besoin de riposter après cette fugace mise à nu.

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Complexe

Je vais péter un câble, j'ai envie d'envoyer bouler toutes mes belles idées de tolérance et de vivre ensemble et d'aller lui hurler dessus.

Vous savez ces pensées intrusives, ces moments où vous voyez faire un truc ultra violent et idiot avant de vous raviser parce que vous vous souvenez que vous êtes une personne civilisée ?

Bon au final j'ai pas fait ça haha bien sûr.

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Mémorable

Parfois j'essaie de forcer mes souvenirs à s'imprimer, surtout avec mon fils quand je réalise la vitesse à laquelle il grandit parce que je veux garder en mémoire sa petite enfance comme une acharnée, comme si j'avais peur que ça m'échappe.

Je me dis "tiens j'aimerais bien garder ce moment dans une petite boîte" alors je regarde autour de moi, je mémorise les couleurs, une phrase en particulier, l'émotion du moment.

J'ai comme ça quelques après midi d'été sur un grand draps à chatouiller les pieds de mon fils avec une feuille, le laisser me grimper dessus en mettant ses pieds sur ma tête, l'écouter rigoler.

J'ai essayé de bien imprimer ces petits moments de pas grand chose, ces moments où c'était juste un peu la vie et rien de spécialement mémorable.

J'adore ça moi juste vivre les choses sans qu'il se passe quoi que ce soit de bien fou : faire des cabanes de coussins du canapé, lui montrer comment manger les framboises en les mettant sur ses doigts, regarder les fourmis... 

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