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La bonne et la mauvaise nouvelle

Je suis là, dans la salle d'attente des urgences de l'hôpital où je suis suivie pour mon cancer du sein, je regarde la rangée de sièges bleus et jaunes vides devant moi, je suis un peu hébétée, fiévreuse.

Je pense à ma vie, j'ai l'impression que tout allait mieux, que je sortais la tête de l'eau, que j'étais motivée, en parcours de diagnostic pour mes problème liés à mon TDAH, j'étais pleine de nouveaux projets, amoureuse.

Et paf je suis tombée dans un trou, aspirée par une longue descente et je me retrouve dans un monde dont je ne voulais rien savoir, où je croise des personnes que je ne voulais pas croiser et que telle Alice qui avance coûte que coûte pour retrouver le chemin de sa maison après avoir beaucoup pleuré, j'espère me réveiller de ce cauchemar.

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La guerre

"Tu vas pas te laisser faire je te connais tu es une battante" "Tu vas te battre" "Tu as un mental d'acier je me fais pas de soucis pour toi"...

Depuis que j'ai annoncé être atteinte d'un cancer du sein les messages de soutien pleuvent et j'en suis infiniment reconnaissante, car ça me fait chaud au coeur.

Mais je ne me reconnais pas du tout dans le vocabulaire qu'on emploie.

Mesdames et messieurs amateur·ices de vocabulaire guerrier sachez le : la maladie c'est mon tendon d'Achille.

Et je ne me sens nullement cette guerrière prête à s'arracher le sein au cutter telle une amazone des temps moderne pour aller livrer bataille sur son cheval.

Non, moi je me sens en proie à un ennemi invisible et silencieux, une vague boule molle que j'ai sentie un jour sous mon sein et pour laquelle je ne me suis pas sentie malade si ce n'est d'inquiétude.

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Lady ADHD*

 C’est un des trucs les plus violents du diagnostique TDAH tardif : réaliser que t’as traîné toute ta vie une galère invisible, et que personne t’a dit que c’était un truc qui se soigne, pas juste un “manque de volonté” ou “trop de caractère”.

  • Mon enfance à me faire engueuler parce que "dissipée" et "insolente"
  • Ma vie sur Pluton quand quelqu'un me parle (ce n’est pas que j’écoute pas. C’est que mon cerveau a changé de chaîne sans prévenir. Je peux être en face de toi, hocher la tête, et mentalement être en train de chanter France Gall parce que t'as dit "résiste")
  • Les pensées qui me harcèlent le soir (souvent quand j'ai une idée et que j'ai peur de l'oublier, ou quand je repense à mon manque de répartie ce jour là en 2012, mon cerveau lance une réunion générale à 01h47 et j'ai jamais trouvé le bouton pause)
  • Mon incapacité à ne pas couper la parole qua… Lire la suite...

La boule au corps

J'ai peur.

Ma boule au sein est devenu une énorme boule au ventre et elle occupe toute la place dans ma tête.

J'envoie des messages à ma soeur et les quelques amis à qui j'avais parlé de l'examen, je reçois des mots rassurants, des blagues, on programme d'aller boire un verre le soir.

Certains me disent qu'ils ne savent pas quoi dire et je leur réponds que c'est pas grave, que moi non plus je sais jamais quoi dire quand quelqu'un va très mal, que tout sonne creux parce qu'au fond y a pas grand chose à dire : y a juste à être là.

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Les châteaux de cartes

Il y a des jours où je me laisse abattre avec pas grand chose (souvent avant mes règles tiens tiens...).

Oui ok je voulais pas faire dans le cliché, mais il y a certains mois où je vis une grande tragédie grecque avant que les anglais débarquent.

Je passe d'irritée au possible parce que je trouve que le frigo fait trop de bruit et que mes ongles poussent trop vite au fond du trou sans raison aucune.

Heureusement c'est pas tous les mois, mais y a des thématiques récurrentes : récemment c'était "j'ai rien construit dans ma vie".

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Malaiseland

Je vous avais promis de vous raconter la suite logique de ma phase appli de rencontre quand je suis redevenue célibataire.

Je sais pas si vous l'attendiez haha d'autant que c'est la phase du malaise et que putain j'étais pas prête...

Mais bon c'est aussi un peu marrant parce que quoi de plus rigolo parfois que de voir quelqu'un se prendre les pieds dans le plat ?

Rencontrer quelqu'un avec cet arrière plan de séduction et quelques discussions en ligne ça me semblait un peu ubuesque, genre vraiment à l'opposé du naturel.

Le calcul, les attentes, les conversations où on se jauge...

Quel enfer.

Quand je me dis que je vais me lancer là dedans après 15 jours sur les applis de rencontre j'en mène franchement pas large.

Mon passif en matière de séduction est pas bien lourd :

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La scénariste

Je vous parlais la semaine dernière des personnages à la console dans ma tête comme dans Vice & Versa de Pixar...

Je sais pas si vous avez déjà essayé de jouer à ça mais moi j'ai l'impression que plus j'ai conscience de ces personnes qui sont là pour m'aider là haut dans ma tête, plus je suis indulgente avec moi même.

Je les imagine comme les petits personnages Pixar : leur couleur, leur look, ce qu'elles aiment, ce qu'elles détestent (oui j'imagine que des femmes).

Je les vois débattre de mes problèmes et de décider qui aura le dernier mot et qui va prendre les commandes dans une situation difficile.

La semaine dernière donc je vous parlais de la responsable logistique à lunettes avec des dossiers au carré qui indique aux autres la marche à suivre pour pas que tout le monde s'éparpille (TDAH bonjour). Et son ombre maléfique c'est la control freak, celle qu'Anxiété appelle en cas de crise en appuyant sur un gros bouton rouge.

Et il y a quelqu'un d'autre là haut qui est l&… Lire la suite...

Le pervers narcissique

“Comment j’ai pu me laisser berner comme ça ?” “J’ai vraiment été trop conne” “J’ai honte”…

Quand je découvre l’ampleur du délire, la seule chose à laquelle je pense c’est à me flageller : je me sens stupide.

J’ai eu 4 mois de relation épisodique avec Dr Jekyll et Mr Hyde, un vrai, un mec qu’on pourrait voir dans un documentaire Netflix destiné à vous dégouter des hommes.

C’est toujours le problème quand on s’est fait rouler, si on se sent pas idiot soi même les autres vous le feront sentir.

Pourtant l’idiote c’était pas moi, ni le bon millier (j’exagère pas) de meufs qu’il a manipulées ces 20 dernières années : l’idiot c’est lui, celui qui vit une vie de mensonge, qui n’est rien d’autre que ce qu’il voit dans le regard des autres.

C’est l’histoire d’un stratosphérique connard, et d’une horde de meufs qui se sont unies pour … Lire la suite...